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Le Réseau des Cités de la Gastronomie

Lyon accueillera au printemps 2016 les 4e Rendez-Vous du réseau des Cités de la Gastronomie. Nous avons demandé à Régis Marcon, chef étoilé à Saint-Bonnet-le-Froid et Président du Comité d’Orientation Stratégique du projet lyonnais de faire un point sur ce veste programme.

1 – Où en est le programme de la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon ? Le projet à Lyon s’affine et se précise. Nous avons depuis le printemps dernier organisé des sessions d’échanges et de rencontres entre les différents acteurs issus du monde de la gastronomie et de l’agriculture, de la culture et des arts, de l’enseignement et de la formation, de la santé, du tourisme… Chacun à sa manière et avec son expertise a pu d’une part identifier les besoins à l’échelle de la région ou du territoire national et suggérer, proposer, défendre un programme, une ambition pour la Cité de la Gastronomie à Lyon. C’est une étape très importante qui s’est conclue à l’automne par la restitution d’un schéma général avec des esquisses de programmation et de politique d’animation du lieu. La Cité de la Gastronomie dispose d’un coeur qui va battre et irriguer les espaces du Grand Hôtel Dieu à travers d’une part un Parcours du Goût et d’autre part un pôle de compétence et d’innovation. Les deux dimensions sont évidemment liées, l’une faisant écho à l’autre.


2 – Pouvez-vous nous en dire plus sur le Parcours du Goût ? Le parti pris retenu doit permettre d’offrir à un large public une  » histoire de la gastronomie reliée à celle de la santé « . Non pas une approche punitive qui serait contre productive mais au contraire aborder la gastronomie au travers du  » bien vivre  » et d’envisager le bien manger de demain. Pour cela il faudra s’appuyer sur un exposition dite permanente ou en tout cas de référence qui donnera des clés pour comprendre l’alimentation au cours des âges, aujourd’hui et demain en France et dans le monde. Dans le même temps des expositions temporaires – sur un produit (le blé, les champignons…), sur un pays ou une culture alimentaire spécifique comme la diète méditerranéenne également inscrite par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité par exemple – vont contribuer à faire de la Cité un théâtre vivant.


3 – Comment mettre en scène ce  » théâtre vivant  » au sein de la Cité ? Il est essentiel que ces espaces accueillent aussi bien le visiteur curieux que le professionnel désireux de se perfectionner mais aussi le client de l’hôtel installé dans ses magnifiques bâtiments qui sera informé des évènements en cours au moment de son séjour. L’offre doit pouvoir se décliner pour faciliter une compréhension tout public ; par exemple en direction du grand public les subtilités des accords mets et vins seront abordées au travers d’une rencontre entre vigneron et un cuisinier.Une déclinaison plus professionnelle s’adressera à des collégiens désireux de connaître les métiers du vin et de la vigne et leurs débouchés. Enfin le  » lab  » permettra de faire le point sur l’état de l’innovation dans ce même domaine via des démonstrations de sommeliers. A partir d’un thème on développe des activités de culture générale, on répond à des attentes en termes d’orientation et de formation et on associe les acteurs des filières et les entreprises du secteur (un réseau de cavistes et une entreprise de fabrication de verres et de carafes…). Les entreprises mécènes deviennent les acteurs du lieu et illustrent ce  » théâtre vivant  » en participant à son animation..


4 – Quels sont les objectifs du Pôle de compétence / innovation ? C’est, à côté du cœur, le poumon de la Cité de la Gastronomie de Lyon. Il est l’entité qui fera se rencontrer les acteurs de toute la filière nutrition (professionnels et grand public) et le monde de la santé (médecins et chercheurs). Ce doit être un lieu dédié à la recherche et l’innovation qui s’appuie sur le réseau existant des grandes écoles et des universités. Les activités qui y seront proposées prolongeront et enrichiront les expositions temporaires. C’est un projet qui reste à affiner mais d’ores et déjà on peut dire qu’il réunira un laboratoire de création, un ou deux auditoriums de capacité complémentaire intégrant un espace multi média et un lieu de convivialité propice aux cours de cuisine et à leur restitution sous forme évidemment de repas ou de banquets ! Encourager la diversité des échanges et des rencontres, offrir un lieu pour les travaux de recherche et d’innovation, favoriser l’expérience et la transmission des connaissances et enfin prolonger le plaisir partagé d’une bonne et belle table ! Voilà le programme !.